Groupes d’entraide contre la pauvreté et le travail des enfants
Dans le Bihar, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, la servitude des enfants pour remboursement de dettes est particulièrement répandue. Les enfants travaillent souvent loin de chez eux comme main-d’œuvre bon marché pour la production de briques ou de tapis. Des séminaires visent à aider les communautés villageoises à trouver un chemin pour sortir de la pauvreté et à protéger leurs enfants de l’asservissement pour dettes.
Maduhbani et Araria, deux districts du Bihar, souffrent de surpopulation et de pauvreté, comme tel est le cas de tout cet Etat. Par ailleurs, il n’y a guère d’industrie dans le Bihar. De nombreux parents se voient contraints de laisser leurs enfants partir avec les agents des producteurs de tapis et de briques qui viennent régulièrement dans leur village. Les enfants vivent alors loin de chez eux en état de servitude pour dettes auprès d’employeurs à qui ils remettent leurs droits et leurs services en gage et travaillent souvent pendant des années dans des conditions abusives, sans aucune chance de formation. Afin de soutenir les communautés villageoises dans leur lutte contre la pauvreté et contre cette pire forme d’exploitation du travail des enfants, Label STEP a mis en place des formations et des réunions d’information, en coopération avec des partenaires locaux du projet. Des séminaires organisés dans 16 communes ont permis de sensibiliser la population au microcrédit, moyen efficace de lutte contre la pauvreté. Ces séminaires ont fourni en premier lieu l’occasion d’expliquer aux parents ce que signifie pour leurs enfants la servitude pour remboursement de dettes.
Les enfants retournent chez eux
Au cours du projet, plus de 70 enfants ont pu être libérés de la servitude pour dettes et ramenés dans leur village et leur famille. Pour Label STEP, il était important qu’ils bénéficient d’une assistance spéciale après leur retour et puissent aller à l’école. Depuis le lancement du projet, aucun cas de servitude pour dettes n’a été signalé dans la région. Plus encore : des familles dont les enfants travaillaient pour rembourser des dettes sont allées les récupérer dans la région où le projet était mené, et plus aucun enfant n’a été asservi. Les adultes se sont organisés entre temps en 15 groupes d’entraide, ce qui leur facilite l’ouverture de crédit. Les communautés villageoises ont été considérablement renforcées. Une fois le projet parvenu à expiration, le programme a été transmis aux autorités locales pour assurer sa pérennité et donc son caractère durable.


